"C'est pour quand le deuxième ?"


Ça y est, petit koala a trois ans maintenant.
Et avec ses trois ans est apparue la même question, sans cesse.
Elle vient de nos amis, de nos familles, de parfaits inconnus aussi : « C’est pour quand le deuxième ? » Ou bien, sa variante : « Vous ne voulez pas de deuxième ? » Cette dernière est souvent posée avec un regard faussement inquiet, l’accroche à la chute inévitable, selon eux, du « Ouf, ça vous ferait du bien ».
Sauf qu’on ne les rassure pas, au final ; on ne leur dit pas que si si, on en veut un deuxième, mais pas tout de suite. On ne leur dit pas le contraire non plus d’ailleurs. A défaut de pouvoir ignorer complètement la question, - comme mon mari, qui lui arrive à faire la sourde oreille très souvent – je tente de justifier que « ce n’est pas dans nos priorités, pour le moment ».

Mais peut-être bien que cela ne le sera jamais, en fait. On ne le sait pas.

Tout comme on ne sait pas si notre fille arrivera à parler un jour, ou si elle saura marcher seule ou courir. On ne sait pas si elle réussira à manger seule, à vivre sans couche, ou à dormir sans se réveiller deux, trois, dix fois dans la nuit. On ne sait pas si elle pourra jouer seule plus de dix minutes, ou rester seule dans une pièce plus de cinq.
On ne sait pas si elle va vieillir jusqu’à ses 90 ans ou si elle va nous quitter brusquement bien trop tôt.
On ne sait pas si elle dépassera ses angoisses ou si elles ne sont que de passage. On ne sait pas ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent, ce qu’elle comprend, ce qu’elle rêve.

On ne sait pas si maman pourra reprendre un temps partiel, ou si papa aura un CDI. On ne sait pas si on pourra partir en vacances, prendre l’avion sans risques, manger froid et avec des morceaux.

Tout ce que l’on sait pour le moment, c’est que notre enfant a besoin de nous. Pour grandir en confiance et en sécurité.

On sait que si elle communique aussi bien, et de mieux en mieux, c’est parce que nous signons tout le temps avec elle. On sait que si elle commence à marcher, c’est parce que nous l’amenons en séances de kiné deux fois par semaine et que nous avons aménagé notre maison pour elle.
On sait qu’elle commence à s’affirmer, à oser, car nous le lui permettons.
On sait qu’elle est aimée, soutenue, écoutée à 100%. Et surtout, on sait qu'elle le sait aussi.

Cela ne veut pas dire qu’on ne voudra pas de deuxième enfant.
Cela veut juste dire que notre première reste notre première priorité.

mis à jour le 13 Juillet 2016 à 10:07

2 commentaires | Voir les commentaires |  Laisser un commentaire

AFR le 20 Juillet 2016 à 21:25

vous êtes des parents super! x

Léti le 18 Juillet 2016 à 21:33

Bravo pour cet article! J'ajouterai juste que de nombreux parents d'enfants qui ne sont pas "différents" subissent cette même pression (j'en fais partie, nous n'avons qu'un enfant et cela nous suffit... J'aime beaucoup vos articles, bonne continuation!

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